Jeudi 19 novembre 2009
La célébration du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin est passée inaperçue dans mon pays. Est-ce l'actualité sportive du moment (match Egypte vs Algérie) qui a éclipsé l'événement? J'en doute.

Au milieu des années quatre-vingt, eurent lieu des mouvements populaires,  sans heurts; des révolutions de velours en somme (sauf en Roumanie). Cela s'était passé dans toute la partie orientale de l'Europe. Et parce que l'Algérie, malgré son "non-alignement" de façade, faisait partie des pays rangés à l'est, pro-soviétiques, on s'était retrouvés naturellement dans la rue, toutes classes sociales et opinions politiques confondues, à revendiquer un changement salutaire dans notre pays. L'Algérie avait tout pour y accéder; une jeunesse pleine d'énérgie, un immense territoire, une histoire millénaire, des ressources humaines à faire pâlir d'envie beaucoup de pays avancés, des courants politiques à l'expérience avérée acquise durant des années de clandestinité, une liberté de ton relativement tolérée dans la presse, des cercles intellectuels en formation et dynamiques ( théâtre, littérature, cinéma...). 
Sauf que, une donnée capitale et stratégique ( qui nous avait échappé à l'époque) avait fait  du mouvement citoyen d'alors, un processus mort-né: l'Europe ( principalement, la France), dont le soutien était nécessaire et indispensable s'était subitement détournée de nous pour porter son regard - et surtout son aide- vers les pays de l'est. Souvenez-vous; c'était l'époque où on parlait d'une probable adhésion du Maroc à l'Union Européenne et, depuis, on ne parle plus de ce pays qu'en termes d'investisements immobiliers de certaines catégories de citoyens de l'Europe: les hommes d'affaire et surtout les retraités.

Un autre phénomène aussi est à relever; des milliers de nos concitoyens étaient envoyés après l'indépendance, parfaire leurs études dans tous les domaines, en ex-URSS, Pologne, Hongrie... Beaucoup d'entre-eux avaient fondé des familles dans leurs pays d'accueil - couples mixtes-, et, une fois leurs cursus terminés, rares étaient ceux qui n'avaient pas choisi de rentrer dans leur pays d'origine avec femmes et enfants. A cela, il n'y avait qu'une seule raison; l'Algérie à -de- l'époque offrait de meilleures perspectives et était porteuse d'espoir mieux que ne l'étaient tous les pays de l'ex bloc soviétique. Il a fallu la chute du mur en Allemagne et la démocratisation des anciens pays du pacte de Varsovie pour que, du jour au lendemain, Varsovie, Prague et Buda-Pest prennent de l'avance sur Alger. Et les couples mixtes   ( le plus grand nombre en tous les cas) s'en sont retournés à l'est pour offrir de meilleures chances à leurs enfants.

Mais, si on a réussi à mettre fin au mur en béton berlinois, d'autres murs, invisibles ceux-là, furent érigés, partout dans le monde, sur les décombres du rideau de fer. En venir à bout n'est pas une sinécure.
Faire tomber ces nouvelles séparations est le défi qui s'impose à nous, pour les décennies à venir. 


                                               Brèche dans le mur de Berlin ( anonyme) 

 
Par Al - Publié dans : Histoire et Sociologie. - Communauté : ALGERIE
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Mercredi 11 novembre 2009
Les musulmans n'ont pas toujours été ces guérilleros à la mode "verte" que nous connaissons aujourd'hui. Ils ont eu leur âge d'or de peuples et de nations civilisés, versés dans l'érudition et les travaux intellectuels. Il est inutile de revenir sur les grands noms qui ont jalonné la pensée musulmane, car, aujourd'hui, le monde musulman traverse la période la plus obscure depuis sa naissance; la régression est inouïe.  Nous disons inouïe parce que malgré toutes les "turpitudes" dont peut faire preuve le temps, avec cruauté, en se jouant du destin des peuples, nous n'arrivons pas à nous expliquer totalement ce recul d'une civilisation qui a inscrit son nom avec des lettres d'or sur les tablettes de l'humanité dans son avancée inexorable vers la modernité. La fin tragique des Abencérages et des Zégris, les uns maures et les autres berbères et la perte de l'émirat de Grenade, n'étaient-ils pas les     signes avant-coureurs de ce repli sur eux-mêmes de nos coreligionnaires?


 " Le triomphe de saint thomas" de Andrea Bonaiuto.
 
En parcourant les textes de D-E. El-Afghani ( oui, vous avez bien lu, il s'agit bien d'un afghan), nous avons un début d'explication rationnelle à la crise multidimensionnelle que vit le monde musulman; jugez-en:

(...)
" Pour ces mêmes raisons, une nation plongée dans la barbarie et la sauvagerie, habituée à la violence, à la dureté, à la cruauté, à la férocité et à la grossièreté du vêtement, de la nourriture, à l'insuffisance du logement et de la place nécessaire aux ustensiles, une telle nation aurait un confort et des besoins vitaux des plus élémentaires. Aussi, le mode de vie de cette nation serait-il bien proche de celui du monde animal. Tombée aussi bas, condamnée à se mouvoir dans un cercle aussi exigu, cette nation aurait des perceptions élémentaires dérisoires. Les perceptions étant sources d'abstraction, le fait qu'elles soient si limitées et si partielles empêcherait cette nation de voir ses perceptions élémentaires et universelles se multiplier. Jamais elle ne pourrait accéder à de hautes pensées et le niveau de ses perceptions demeurerait proche de celui des perceptions animales"
Et il ajoute:
" Quand le peuple arabe crut en cette Ecriture Vénérée, il quitta le monde de l'obscurantisme pour celui du savoir, l'aveuglement  pour la clairvoyance, la sauvagerie pour la civilité et la vie primitive pour la civilisation. Ainsi éprouva t-il le besoin de perfectionner sa raison, son âme et son existence. Peu à peu, les grains semés germèrent et donnèrent des pousses. Les pensées devinrent florissantes et les esprits se lancèrent dans le vaste cercle universel des connaissances qu'ils cherchèrent à acquérir, et cela jusqu'à l'époque de Mansour Dawanani où enfin un groupe constata qu'il était difficile à l'homme de franchir ces étapes et de parcourir ces distances illimitées sans l'aide des penseurs ayant auparavant traité de ces sujets. Il reconnaît qu'être orgueilleux en l'occurrence équivalait à se résigner à l'ignorance.
C'est pourquoi, alors que l'Islam et les musulmans se trouvaient à l'apogée de leur grandeur et de leur gloire, ce groupe désireux de reconnaître la grandeur et la noblesse de la science, se montra modeste et consentit à se prosterner devant les chrétiens, les juifs et les zoroastriens qui n'étaient que ses sujets. Grâce à l'aide de ces derniers, il traduisit en arabe les oeuvres philosophiques du persan, du syriaque et du grec. Ainsi devient-il évident que l'Ecriture vénérée fut le premier guide philosophique des Musulmans, et l'oeuvre la plus complète de ce vaste univers (...)

Tout est dit, de façon simple. Nous vous conseillons de rechercher les écrits de cet auteur aux multiples facettes ( bien rares à trouver), il éclairera d'un jour nouveau vos questionnements.

Abencérages ou Banu Sarradj: Lire " les aventures du dernier abencérage" de François-René de Chateaubriand, 1870. ISBN: 2-914453-01-9, paru en mars 2001.

Zégris: Descendants de Zawi u Ziri  n'Menad,( frère de Bologhine), fondateur de la dynastie Ziride de Grenade. Zawi a profité des querelles intestines des Omeyyades en Andalousie pour fonder son royaume indépendant à Grenade.
Par Al Biruni - Publié dans : Histoire et Sociologie. - Communauté : Agora
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Lundi 2 novembre 2009


Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver
Mon jardin ce n'est pas un jardin, c'est la plaine
Mon chemin ce n'est pas un chemin, c'est la neige
Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver

Dans la blanche cérémonie
Où la neige au vent se marie 
Dans ce pays de poudrerie
Mon père a fait bâtir maison
Et je m'en vais, être fidèle
A sa manière, à son modèle
La chambre d'amis sera telle
Qu'on viendra des autres saisons
Pour se bâtir à côté d'elle

Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver
Mon refrain ce n'est pas un refrain, c'est rafale
Ma maison ce n'est pas ma maison, c'est froidure
Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver

De mon grand pays solitaire
Je crie avant que de me taire
A tous les hommes de la terre
Ma maison c'est votre maison
Entre mes quatre murs de glace
Je mets mon temps et mon espace
A préparer le feu, la place
Pour les humains de l'horizon
Et les humains sont de ma race

Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver
Mon jardin ce n'est pas un jardin, c'est la plaine
Mon chemin ce n'est pas un chemin, c'est la neige
Mon pays ce n'est pas un pays c'est l'hiver

Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'envers
D'un pays qui n'était ni pays, ni patrie
Ma chanson ce n'est pas ma chanson, c'est ma vie
C'est pour toi que je veux posséder mes hivers.

Gilles Vigneault. link

 

Par Al Biruni - Publié dans : Evocation - Communauté : Kabylie
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Dimanche 25 octobre 2009

S'il est un art majeur en russie, c'est bien la poésie. Au début furent des contes faits de vers, nourris aux sources populaires depuis des temps immémoriaux, et le peuple s'en est toujours accaparé. L'amour des russes pour la poésie fait de lui un peuple à part; naturel, authentique, spontané. La poésie dans ce pays vit au quotidien et dans le tous les sens, traverse le temps, l'immense territoire et toutes les couches de la société. Mais ce n'est pas sans coup férir.

Humaine, souvent révoltée, elle est véhiculée dans une langue très riche qui lui a permis de passer outre les siècles et les excavations de l'histoire en grandissant. Nul n'a pu l'amoindrir, ni la freiner même si beaucoup s'y sont essayés.

Les poètes russes de toutes les époques nous ont fait parvenir des textes sublimes, riches et denses, souvent écrits dans le sang et de façon tragique. La majeur partie de ces poètes ont connu de grandes difficultés de leur vivant, beaucoup d'entre-eux sont morts à la fleur de l'âge - autour de la quarantaine-, peut-être est-ce là le tribut à payer pour chaque société dont la volonté d'émancipation est affichée au regard du monde et ne souffre pas le moindre doute.

Ne me demandez pas leur nombre; j'ai parcouru des tas d'ontologies et aucune n'a pu être exhaustive. Je sais seulement toute la diversité qui émane de cette poésie immaterielle, avec une exigence commune à tous, à savoir la beauté et la hauteur du verbe.

Maïakovski (link) en évoquant le don fait par chaque peuple à l'humanité, a dit que les russes ont apporté la poésie, et quelle poésie mes aïeux! 


Soir d'hiver, Pouchkine (1825).

Ciel de brume; la tempête,
Tourbillonne en flocons blancs,
Vient hurler comme une bête,
Ou gémit comme un enfant,
Et soufflant soudain pénètre
Dans le vieux chaume avec bruit,
Elle frappe à la fenêtre,
Voyageur pris par la nuit,

La chaumière est triste et sombre,
Chère vieille, qu'as-tu donc
A rester dans la pénombre,
Sans plus dire ta chanson?
C'est la bise qui résonne
Et, hurlant, t'abasourdit?
Ou la ronde monotone
Du fuseau qui t'assoupit?

Mais buvons, compagne chère
D'une enfance de malheur!
Noyons tout chagrin! qu'un verre
Mette de la joie au coeur!
Chante comme l'hirondelle,
Doucement vivait au loin;
Chante-moi comme la belle
Puisait l'eau chaque matin.

Ciel de brume; la tempête,
Tourbillonne en flacons blancs,
Vient hurler comme une bête,
Ou gémit comme un enfant,
Mais buvons, compagne chère
D'une enfance de malheur!
Noyons tout chagrin! qu'un verre
Mette de la joie au coeur!



Question: Que traduit ce poème à votre avis?

- Poètes russes: http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_poètes_de_langue_russe
Par Al - Publié dans : poésie - Communauté : La Bretagne
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Dimanche 18 octobre 2009
" Dr Jivago" est un film de David Lean dont les premiers rôles sont campés par Omar Sharif et Julie Christie. Il est adapté du chef d'oeuvre éponyme de Boris Pasternak, prix nobel de littérature en 1958 (link).

 Le début de l'histoire se situe dans les années cinquante près d'une centrale hydroélectrique. Un général est à la recherche d'une jeune fille qu'il pense être la fille de son frère, le Dr Youri Jivago.
Le Docteur Jivago qui n'était pas seulement médecin mais aussi poète, a connu Lara, lorsque, quelques années avant la révolution, il venait soigner sa mère à la maison. Lara était alors fiancée à un jeune révolutionnaire.
Dans le tumulte de la première guerre mondiale et de la guerre civile qui opposa Bolcheviks et Mencheviks, le Dr Jivago retrouve Lara (infirmière) sur le front et, ensemble, ils passent leurs journées à soigner les blessés. A la fin de la guerre, Youri Jivago revient dans sa famille à Moscou et fut contraint de partager son toit avec des prolétaires affamés et malades.
Quand il part en voyage dans l'oural, il est frappé durant le trajet, par les conséquences de la révolution qui n'ont pas manqué de s'abattre sur les populations à savoir violence et famine. Sur place, il rencontre un général de l'armée rouge, ancien amant de la maman de Lara, marié à cette dernière. Et plus tard,il retrouvera cette même Lara vivant avec sa fille dans une petite bourgade et deviennent amants.
Ce médecin-poète, prisonnier des soubresauts de l'histoire de son pays, vit partagé de façon dramatique entre une passion dévorante pour sa maîtresse et une vie confortable auprès de son épouse et de ses enfants.
Lorsque le général vient annoncer la mort de son ex-fiancé à Lara et l'avertir des dangers qu'elle courait avec son nouvel amant, celle-ci était déjà enceinte. Elle prend la fuite sans Jivago qui refuse de l'accompagner. Il meurt quelques années plus tard d'une crise cardiaque.
"Docteur Jivago" est une fresque sans concessions de la révolution d'octobre 17, peinte avec minutie par Boris Pasternak.
     
                                                                 Affiche du film
Par Al - Publié dans : Cinéma - Communauté : plume d'oie
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Jeudi 15 octobre 2009
Un autre grand nom de la littérature moderne russe, un de plus! Une littérature qui a pris à bras le corps les aspirations de ce peuple slave à une vie faite de liberté et de justice sociale. Comme la majorité des hommes de lettres de son pays, Saltykov, né en 1826,  est issu d'une famille de commerçants anoblie. Il utilisa la fiction pour dénoncer certaines réalités amères comme le servage dont était victime toute une partie de la population sous les Tsars.


                                                            Saltykov: link

Écrivant à ses débuts sous le pseudonyme de "Chtchtedrine", il dénonçe vigoureusement et avec courage la difficile condition des paysans russes victimes de la disette. En collaborant  à la revue " le contemporain" fondée par Pouchkine ( encore lui!!), il y publie "les annales de la patrie" qui lui valurent d'être emprisonné un certain temps et l'envoyèrent en exil pour longtemps. 

Certains écrivains trouvent son oeuvre manquant d'esthétisme sur le plan artistique mais la jugent par contre, très engagée. " Ce n'est absolument pas de la littérature, écrit Tourgueniev. Ces sarcasmes grossiers, cet humour massif, cette langue qui pue l'aigre relent des bureaux..."
Saltykov était le contemporain de
Léon Tolstoï, auteur de " Guerre et paix" et de Dosteïveski qui, lui, a écrit: "les démons", " crime et châtiment" "l'idiot"...


                                                                           Tolstoï: link
Saltykov et Tolstoï avaient chacun son style d'écriture, ils avaient deux visions de leurs pays et du monde complètement différentes, ils vivaient la fin du 19 ème siècle sans se douter un instant que le siècle d'après allait apporter de grands chamboulements. Changements auxquels ils contribuèrent par leur écrits.

A sa mort, une foule immense assiste à ses obsèques. 


                                                                           Dosteïveski: link  
Par Al - Publié dans : Littérature - Communauté : Utopia
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Lundi 12 octobre 2009
"Aucun écrivain russe n'est plus russe que Maxime Gorki. Aucun écrivain russe n'a été plus universellement écouté." Disait de lui André GIDE.

Ce sont des sans domiciles fixes! Non! Ce sont des clochards!, des laissés pour compte! Non et non!! Ce sont des marginaux et des exclus qui s'exposent à notre vue - mais surtout à notre conscience-  sur tous les boulevards du monde. Que ce soit à Paris, Manille ou Alger comme dirait Maxime le Forestier ( tiens, un autre Maxime!), ils sont légion à dormir à même le trottoir hiver, comme été. Qu'importe le nom qu'on leur donne;  car ce sont avant tout des vies humaines, des drames qui nous explosent à la face.
Gorki a parlé de ceux de son époque, d'une certaine époque; braquant les projecteurs sur eux le temps d'une pièce de théâtrale -les bas-fonds ndlr- qui, depuis a fait le tour des plus prestigieux édifices culturels du monde.



Dans ses lettres à Tchekhov ( un autre Russe dont nous vous parlerons) où il lui disait toute son admiration pour son écriture, il écrivait ceci : " Vous faites un travail énorme avec vos petits récits, en éveillant le dégoût de cette vie endormie, agonisante- le diable soit d'elle! "
Quand Gorki écrit les bas-fonds, c'est pour dénoncer la misère en utilisant la beauté du texte chère à Tchekov comme procédé pour y parvenir. Il y va, dans ses écrits, à la rencontre de ces miséreux s'agrippant de toutes leurs forces pour ne pas tomber, définitivement, dans les précipices de la déchéance. C'est que, même dans la misère, l'espoir est immense. Gorki se fait accompagner par Louka, personnage plein de compassion. Nous en coûtera t-il, en effet, de faire preuve de compassion à l'égard de nos semblables qui sont dans la tourmente? Il me semble que c'est à ce niveau que se situe le message du grand dramaturge Russe.
 
Par Al - Publié dans : Littérature - Communauté : plume d'oie
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Mercredi 7 octobre 2009

A toutes les victimes dont les bourreaux se pavanent impunément.


Entendu hier en regardant un film: "Un crime de plus ou de moins!" dit un criminel en série.

Un:En effet, on ne manquera pas de trouver chez les tueurs cette constatation. Ajoutons, et l'ajout est de rigueur, ceci : quand il se voit démasqué, de par sa nature criminelle,  il ne désire aucunement que sa victime convoitée lui échappe. La justice, dans ce cas, se doit de lui infliger la - ou les - peine(s) qu'il mérite et je parle de justice en tant d'exécutrice d'un délai donné.

Deux: Reste à la victime convoitée, parce qu'elle seule sait ce qu'elle a subi, "l'oeil pour oeil, dent pour dent" garde tout son sens. Je le certifie au nom de la raison et des droits de l'homme. Car si l'on peut être amené à pardonner à un assassin, il n'est pas pour autant absout de son -  ou ses- crime(s); voyez-vous la nuance?


Par Al Biruni - Publié dans : Billet - Communauté : Kabylie
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Jeudi 1 octobre 2009
Pourquoi parler de Nicolas Gogol et pas de Pouchkine? Pourtant ce dernier fut le Maître en littérature de notre jeune auteur. Eh bien, parce que c'est seulement grâce à Gogol que l'oeuvre de Pouchkine connut son prolongement (naturel) le plus abouti.
Nicolas Gogol nous raconte qu'en allant s'installer à Saint Petersbourg, la première chose qu'il fît, c'était d'aller rendre visite à Pouchkine mais ce dernier, ivre, ne le reçut pas ce jour-là. N'empêche que c'est lui qui lui soufflera plus tard, l'idée de ses chefs- d'oeuvres dont "les âmes mortes".
Dans " Nouvelles de Petersbourg" que j'ai lu et relu au moins trois fois, se trouve une nouvelle  intitulée " le Nez", racontant l'histoire d'un fonctionnaire Russe ( tous les littérateurs de la Russie ont parlé à un moment ou un autre du fonctionnaire Russe, celui-ci se confondant avec l'institution pour laquelle il travaille, imaginez un peu les quiproquos qui ne manquent pas d'en découler au quotidien) qui, au réveil ne trouve plus son nez à sa place habituelle, c'est à dire au milieu de son visage. Effrayé, il va voir la police pour signaler ce fait extra-ordinaire. Au même moment, à l'autre bout de la ville, le coiffeur qui s'apprêtait à déjeuner avec sa femme, découvre un nez dans un croissant chaud qu'il s'apprêtait à ingurgiter. Après quelques questionnements et un vif débat avec son épouse qui refuse de croire en sa bonne foi, parce que de par son métier, il pourrait être tenté de couper aussi les nez, ce dernier décida finalement d'aller jeter sa trouvaille dans le canal. Un policier le vit faire et l'interpella. Je vous laisse, avant de lire l'ouvrage, donner libre cours à votre imagination et comprendre l'absurdité de certaines situations dans des pays où le bon sens, à coups de procédures et de canevas à remplir par des fonctionnaires qui ne sont payés que pour exercer leur zèle, a pris la clé des champs.

Mais ce dont Gogol a souffert, c'est que de son temps il était un grand incompris même s'il avait bénéficié de grandes sympathies, y compris de la part du Tsar dit-on. Aussi bien de la part des autorités de l'époque,  que de la part de ses lecteurs ou de celle de ses collègues écrivains, il n'avait pas réussi à trouver assez d'esprits avisés capables de ramener le contenu de son écriture à sa juste propension et ne point l'exagérer, ni le détourner de son sens réel. Il en soufra beaucoup.
La position de Nicolas Gogol, me fait penser aujourd'hui à celle de Lounis Aït-Menguellet,  un homme de la race des grands poètes. Attaqué de toutes parts par certains milieux fascistes et fascisants parcequ'il refuse de rentrer dans leur jeu machiavélique  et parce qu'il tient à sa liberté comme on tient à la prunelle de ses yeux, il me donne l'impression d'être perdu au milieu d'une époque et de huées qui couvrent honteusement de leurs sarcasmes stériles toute beauté de l'être et du verbe.
Nicholas Gogol meurt très jeune atteint par une crise mystique( existentielle)
Parmi ses oeuvres les plus connues: Taras Boulba, le Révizor, les âmes mortes...
Par Zahar - Publié dans : Littérature - Communauté : Les chroniques de la meute
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Lundi 28 septembre 2009
Bonjour mon amie,

Et voilà que tu me demandes d'écrire sur un thème très complexe alors que je ne sais rien rédiger à la demande! L'écriture est un acte de spontanéité mais aussi de concentration qui ne m'est offert de pratiquer avec succès, qu'en de très rares occasions. Mais puisque tu me le demandes et que je ne sais dire non à d'honorables dames, qui plus est, font partie de mes amis, au moment où nous consacrons nos pages aux grands écrivains qui ont marqué nos lectures, je te renvoie au célèbre poème de Gibran Khalil Gibran: "Sur l'amitié"


Et un jeune dit : "Parle-nous de l'Amitié". Votre ami est la réponse à vos besoins.

Il est votre champ dont les semailles sont amour et la moisson, reconnaissance.

Au foyer de votre ami, votre couvert est toujours mis et auprès de sa cheminée, il y a toujours une place pour vous réchauffer.

Car vous venez à lui pour apaiser votre faim et vos chagrins.

Lorsque votre ami vous confie ses pensées ne craignez pas de le critiquer et ne vous retenez pas de l'encourager.

Et quand il ne dit mot que votre coeur ne cesse d'écouter ce qui palpite dans son coeur;

Car en amitié, toute pensée, envie et attente naissent muettes, et se partagent avec une joie discrète.

Quand vous devez vous séparer de votre ami, que l'heure des adieux ne vous afflige que peu ;

Car ce que vous aimez le plus en sa présence pourra vous paraître plus limpide en son absence, car le sommet est plus visible de la plaine pour celui qui gravit la colline.

Et il n'est de but dans l'amitié, si ce n'est l'approfondissement de l'esprit.

Car l'amour qui n'aspire pas à révéler son propre mystère n'est point amour mais un filet jeté sur une prise de futilités.

Et que le meilleur de vous même soit pour votre ami.

S'il doit connaître le reflux de votre marée, qu'il en connaisse aussi le flux.

Car à quoi bon un ami auquel vous ne feriez appel que pour tuer le temps ?

Recherchez toujours sa compagnie pour des heures pleines de vie.

Car il lui appartient de combler votre besoin, mais non point votre vide.

Et dans la douceur de l'amitié qu'il y ait rire, et partage de plaisirs.

Car dans la rosée des petites choses le coeur retrouve son petit matin et ainsi il s'en trouve rafraîchi".

Page Wiki:link
Par Al - Publié dans : poésie - Communauté : Agora
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Texte Libre / Adris illeli

   (Le coin des poètes disparus)

Nazim Hikmet

2 octobre 1945

Le vent coule et s'en va
le même vent ne balance jamais deux fois
la même branche de cerisier.
Les oiseaux gazouillent dans l'arbre:
des ailes qui veulent voler.
La porte est fermée:
il faut la forcer.
C'est toi que je veux:
Que la vie soit belle comme toi,
amicale
et pleine d'amour...
Je sais qu'il n'est pas encore fini,
le banquet de la misère.
Il finira pourtant...

Extrait de "il neige dans la nuit et autres poèmes", éditions Gallimard,2002.

                                                                                                                                    

    Kateb Yacine

Lorsque je perdis l'andalousie
je ne pus rien dire
j'agonisais sous son souffle
il me fallut le temps de la nommer.
Les palmiers pleuraient sur ma tête
j'aurais pu oublier l'enfant pour le feuillage.
Mais Nedjma dormait,
restait immortelle et je croyais toucher ses seins déconcertants.
C'était à Bône au temps des jujubes
Nedjma m'avait ouvert d'immenses palmeraies.


in  le "polygone étoilé"
                                                                                                                                  

Gibran Khalil Gibran

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des enfants.
Et il dit: Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous,
ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueuillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
Mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne s'en retourne en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches aillent vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer soit joyeuse;
car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.

Recueil " le Prophète"

                                                                                                                               
Issiakhem - Autoportrait-







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